RAPPEL : pour une expérience d'écoute optimale, veuillez vous munir d'un bon casque audio ou de bons écouteurs.

Le Diapason, les yeux bandés

426 lecture(s)

Les participants déambulent, bandeau sur les yeux, dans les allées de la salle de spectacle du Diapason à Saint-Marcellin

Comment  se  déplacer dans la salle de spectacles le Diapason lorsque
l’on  est  aveugle  ou  mal-voyant ?  Comment  appréhender un lieu sans la capacité  de  voir ?  Manuel  Faouen, créateur de
l’association  DVRGV,  acronyme de “Découvrez la vie
réelle grâce au virtuel”, est lui-même  atteint  de  cécité.


À l’occasion d’une visite d’un genre particulier, mercredi, le responsable a voulu montrer à une quinzaine de  participants  l’envers  du décor d’une salle de spectacles  pour  les  personnes  en situation  de  handicap  visuel.


Présents pour cette visite, les  membres  des  associations  qui  participeront  à
l’organisation  du  OFF  du festival Barbara dont l’inauguration  a  lieu  le  18  mai.
Après  un  mot  d’introduction,  les  a  immédiatement
mis en situation. «Pour une personne  aveugle,  la  difficulté majeure de cette salle,
c’est  la  grandeur  des  lieux et les escaliers.» Pour  mieux  s’en  rendre compte,  par  groupe  de deux, les personnes se sont tour à tour bandées les yeux et  ont  suivi  les  instructions de leur binôme pour se déplacer.  Un  exercice  parfois
périlleux, car avec ses marches irrégulières, la salle recèle  d’obstacles  pour  une
personne  non-­voyante.  Le créateur de l’association en profitait  pour  expliquer également  l’importance  du “guide”  dans  ce  genre  de situation. «Des  gens  font parfois  des  choses  “rigolotes”  quand  ils  essaient  de vous aider pour traverser la rue. Certains vous tirent par la  canne,  par  exemple… Déjà  ce  n’est  pas  très  confortable et c’est surtout dangereux», expliquait-il, avec
le sourire.


Manu Fondateur et Amélie Secrétaire expliquent les techniques de guidage d'une personne aveugle dans la salle de spectacle du Diapason à Saint-Marcellin

«C’est comme quand vous lisez un livre, 
vous vous créez vos propres images»


L’exercice  mis  en  pratique, Manuel  Faouen  a  ensuite fait découvrir aux membres des associations l’un des types de réalisations de DVRGV. Un petit avant­goût du
travail,  commandé  par  la Ville,  qu’il  réalisera  dans quelques jours, lors du festival Barbara. Avec son équipe,  Manuel  Faouen  recueille des sons, les monte, et en crée une “carte postale sonore”. Une manière de retranscrire des scènes qu’il ne  peut  pas  voir. «Comme si  l’on  regardait  une  photo mais  à  écouter», résumaitil. Dans le noir du Diapason, les auditeurs ont alors écouté la carte postale sonore du
spectacle “Namaskar” enregistré  le  28  février.  On  y
perçoit  tout  d’abord  l’ambiance de préparation technique du spectacle, l’arrivée
des enfants dans la salle, les rires des plus jeunes devant
le  théâtre  d’ombres  chinoises… «C’est  certainement
plus simple de vous montrer des  images  mais  l’idée  est
de faire travailler l’imagination. C’est  comme  quand 
vous  lisez  un  livre,  vous vous créez vos propres images.» Une  expérience « étrange »  pour  certains participants,  invités  à débriefer  l’expérience.  L’un
d’entre eux concluait finalement : «En fait, on n’a plus
nos yeux pour nous polluer les oreilles.»

DVRGV veut créer sa webradio locale

Manuel  Faouen  est  un passionné  de  sons. Originaire de Normandie, il  a  posé  ses  valises  à Saint­Marcellin  depuis quelque temps déjà. Il y a créé l’association DVRGV “Découvrez  la  vie  réelle grâce au virtuel” avec un
objectif, « être actif » malgré  son  handicap  visuel. «C’est  très  difficile  de
trouver  du  travail  quand on est handicapé.»

« Un média social d’échanges »

Le travail autour des cartes  postales  sonores  (lire par  ailleurs)  mis  à  part, l’association  a  un  gros projet en attente de finalisation.  L’équipe  veut  en effet lancer sa propre webradio  locale.  «Ce  serait un  média  local  d’échanges,  avec  une  mise  en avant de nos productions, des reportages, des émissions  en  direct  pour  approcher  les  gens»,  résume-t-il.


Mais  pour  cela,  le  passionné a besoin d’une aide financière. Car,  alors  que le  projet  était  déjà  bien lancé  –  notamment  avec l’achat d’un caisson d’enregistrement  de  6  m²  – l’association n’a pas obtenu  les  subventions  espérées.  Les  membres  ont donc décidé de lancer un financement  participatif pour finaliser le projet.


Cliquez-ici pour accéder à notre cagnotte


Cliquez sur le lien pour télécharger la page 12 de l’édition du 13 mai 2016 du Dauphiné


Article écrit et photos prises par Marine Langevin, journaliste au Dauphiné Libéré


A propos de l'auteur

Association a déjà mis en ligne 47 production(s).
Visitez sa page membre pour en apprendre un peu plus, ou consultez ses autres productions. !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *