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Portrait Manuel FAOUEN co-fondateur de DVRGV par Jonathan NENICH – Le Dauphiné Libéré

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Aujourd’hui, Manuel Faouen, l’un des fondateurs de l’association DVRGV (Découvrez la vie réelle grâce au virtuel).

C’est avec une habileté déconcertante que Manuel Faouen, cofondateur de l’association Découvrez la vie réelle grâce au virtuel (DVRGV) se déplace chez lui. À 32 ans, cet aveugle de naissance a su apprivoiser l’univers de nombreuses villes françaises malgré la difficulté que son handicap comporte. Natif du Havre, en Normandie, il achève ses études de développeur en informatique à Paris avant d’emménager dans la capitale iséroise en 2005 : « Je suis venu à Grenoble car c’est une ville réputée pour l’accueil des personnes aveugles », confie-t-il.


Le pari se révèle gagnant et c’est loin de Paris que Manuel Faouen commence sa carrière professionnelle. S’engage alors pour le jeune homme une suite infernale d’emplois de courte durée qui l’emmènent dans de nombreuses villes de l’hexagone : à Poitiers, où il travaille comme guide dans une attraction qui propose une visite sensorielle dans le noir, à Rennes, où il devient étiopathe, et même à Saintes où il suit une formation de comportementaliste canin.


« Je n’ai pas eu de situation stable. Je suis certain que c’est lié à mon handicap », déplore-t-il. Un handicap qui ne l’empêche pas pour autant de vivre une vie de famille normale : « Avec Amélie (sa compagne et secrétaire de l’association DVRGV) on est organisé. Je fais à manger et elle, le ménage. J’emmène aussi ses enfants à l’école. Je peux skier avec un guide et faire du kayak », explique-t-il.


Fasciné par la mer, la voile et passionné de trains, la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Mais Manuel peut compter sur sa compagne dans les moments difficiles pour se remettre sur les bons rails.

Des reportages réalisés dans plusieurs villes


Fondée par quatre personnes non-voyantes en novembre 2014, l’association compte aujourd’hui cinq membres. DVRGV propose des reportages sonores et des photos accompagnées de sons. Le siège se trouve à Saint­Marcellin et c’est une partie du garage de Manuel Faouen qui fait office de club-house. Un ancrage local, même si le rayonnement de DVRGV dépasse largement les terres iséroises.


Benoît Olivier,, est Parisien et réalise des reportages qu’il soumet ensuite aux autres par le biais de Skype. De la même façon, Virgile Jouvenet, également fondateur, réalise des reportages à Lyon. À l’image de Manuel Faouen, l’association voyage de villes en villes.

« Quand j’étais petit, j’enregistrais déjà tout avec mon dictaphone »


« Sans parler de septième sens, j’ai cette faculté à comprendre les sensibilités. Le regard trahit le jugement, je n’ai pas ce problème. »


Manuel Faouen, cofondateur de l’association Découvrez la vie grâce au virtuel (DVRGV), utilise ses autres sens pour se forger sa vision du monde: « 90%des informations passent par le visuel. Quand on est aveugle, on prête une grande attention aux autres sens. Quand j’étais petit, j’enregistrais tout ce qui se passait chez moi avec mon dictaphone », explique-t-il.

Grâce à DVRGV, association fondée en 2014, il peut vivre pleinement sa passion : « Lundi dernier, j’étais à Saint-Antoine-l’Abbaye pour faire un reportage sur l’orgue », se réjouit-il.

Après chaque reportage, les membres compilent leurs sons pour arriver à environ 25 minutes d’enregistrement. Puis, tout est envoyé aux autres membres de l’association qui font un retour à l’auteur du montage avant de poster le reportage sur le site de DVRGV. « C’est aussi et surtout un échange sur nos techniques de prise de son, de montage. On partage nos compétences », déclare Manuel Faouen. L’objectif de ces reportages est de mettre en lumière un organisme, un métier ou une passion et d’en expliquer les fonctionnements.<

« On veut des gens qui s’investissent »


L’année dernière, l’association comptait dix membres. Aujourd’hui, ils ne sont plus que cinq mais tous sont extrêmement actifs. « Notre association est ouverte à tous. Mais il ne suffit pas de payer la cotisation. On veut des
gens qui s’investissent et qui proposent des idées de reportages », précise Manuel Faouen. Le cofondateur aimerait aller à la rencontre d’employés et leur proposer un “voyage” détente par le biais du son pendant les pauses. Cette opération pourrait aussi, selon Manuel Faouen, être proposée dans les maisons de retraites.


À terme, DVRGV aimerait créer une web­radio pour faire entendre les reportages réalisés et relayer des informations locales. Mais le budget manque car l’association ne dispose que de peu de subventions pour l’instant. Pas de quoi entamer la motivation de Manuel Faouen.

Ecrit par Jonathan NENICH pour l’édition du Dauphiné Libéré, le 14 Août 2016


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