RAPPEL : pour une expérience d'écoute optimale, veuillez vous munir d'un bon casque audio ou de bons écouteurs.

SAINT­-MARCELLIN | Rencontre avec Manuel Faouen de l’association “Découvrez la vie réelle, grâce au virtuel” Le son dans tous ses états

Manuel FAOUEN en enregistrement, avec enregistreur en main et microphone sur la tête

Un casque un peu « zarbi » sur les oreilles, deux micros en forme d’antenne perchés
sur le haut de la tête, un enregistreur dans une main, sa cane blanche dans l’autre, voilà Manuel Faouen parti pour un de ses reportages sonores. Un gaga du son qui peut aussi produire des phonores (photo sonores) de belle qualité.

 

« On a presque l’impression d’y être et c’est cela que je veux faire ressentir »

Le son, c’est son truc depuis tout petit. La musique d’abord. Piano dès l’âge de cinq ans, complété par la flûte traversière et le saxophone à l’adolescence. Il est compositeur, interprète, arrangeur de tout ce qui peut émettre un son. Enfant, il se baladait partout avec son magnétophone à cassettes, « J’enregistrais des orages, la pluie, des fêtes de famille… ».

Son handicap visuel – Manuel est aveugle depuis l’âge d’un an, suite à une maladie

génétique – il en a fait un atout, sa qualité d’écoute et son interprétation des sons sont exceptionnelles. Aujourd’hui, il fait partager ses talents au sein d’une association, « Découvrez la vie réelle, grâce au virtuel » (DVRGV), qu’il a créée avec des amis voyants passionnés comme lui par la musique, le son et l’informatique. Ils espèrent pouvoir bientôt lancer leur webradio. « Cette association fait suite à un collectif que nous avions créé à Grenoble. Nous avions aussi initié une webradio un peu pirate Radio DPK. Aujourd’hui, tout est beaucoup plus officiel ! »

 

Chaque reportage, chaque phonore est une invitation au voyage et à “l’image sans l’image”. Un bon casque sur les oreilles pour éviter les bruits parasites et Manuel emmène ses auditeurs dans le cockpit d’un planeur, la cabine du conducteur d’un tram, une fête foraine, un repas dans le noir… « On a presque l’impression d’y être » et « c’est cela que je veux faire ressentir. »

 

L’association propose aussi des tutoriels dans le domaine du son et du montage. Et souhaite développer des écoutes collectives dans les écoles, collèges, lycées, maisons de retraite, ou encore en entreprises. « DVRGV est ouverte à tous, ce n’est pas une association liée au handicap, c’est pour tous ceux qui aiment capter des ambiances sonores et ceux qui aiment écouter. »

 

À l’heure où l’image domine et où le temps ne suspend plus son vol, ces petites évasions sonores, d’une poignée de minutes, sont du pur “bonheur”.

 

Monique BLANCHET

Extrait du Dauphiné Libéré, page 8, Edition du dimanche 5 avril 2015


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