Le lancement de Radio Associative

« pour qu’une radio fonctionne, il faut des gens qui écoutent. »

Découvrez la vie réelle grâce au virtuel (DVRGV) est une association saint­marcellinoise regroupant des passionnés du son. Leur projet est de créer une radio associative pour renforcer le lien social et l’échange sur la commune et ses environs. Cela fait deux ans que les 6 membres travaillent sur le projet d’une webradio.

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Une Web-radio pour découvrir la vie réelle grâce au virtuel

Manuel Faouen est président de l’association saint-marcellinoise Découvrez la vie réelle grâce au virtuel (DVRGV). Depuis sa création en novembre 2014, elle a vocation à faire partager la passion commune de ses cinq membres : le son. Après plusieurs projets menés à bien comme la réalisation de “PhoNores” (enregistrement sonore de situations de la vie quotidienne) ou encore la mise en place d’ateliers d’écoute (dernièrement présenté au Mélilot Théâtre), ils se lancent un défi de taille : une webradio.

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Saint-Marcellin – Un spectacle pour sensibiliser à l’écoute

L’association Découvrez la vie réelle grâce au virtuel (DVRGV) veut, avec cette animation, sensibiliser le public à l’écoute. Il sera question, le 22 janvier, à 15 h 30, de faire voyager les auditeurs présents, dans le noir, à travers trois productions sonores tout à fait différentes. Deux photos sonores illustrant des environnements et un reportage pour montrer les coulisses d’un organisme bien connu.


Il reste des places. Pour s’inscrire, suivez ce lien ou par téléphone : 04 86 58 21 01.


Participation libre. Les membres de l’association, dont Manuel Faouen et Amélie Vincent (notre photo), proposeront d’enregistrer vocalement les impressions des heureux visiteurs.


Article écrit Par Marine LANGEVIN pour le Dauphiné Libéré. Téléchargez l’article en PDF ici !

Portrait Manuel FAOUEN co-fondateur de DVRGV par Jonathan NENICH – Le Dauphiné Libéré

Aujourd’hui, Manuel Faouen, l’un des fondateurs de l’association DVRGV (Découvrez la vie réelle grâce au virtuel).

C’est avec une habileté déconcertante que Manuel Faouen, cofondateur de l’association Découvrez la vie réelle grâce au virtuel (DVRGV) se déplace chez lui. À 32 ans, cet aveugle de naissance a su apprivoiser l’univers de nombreuses villes françaises malgré la difficulté que son handicap comporte. Natif du Havre, en Normandie, il achève ses études de développeur en informatique à Paris avant d’emménager dans la capitale iséroise en 2005 : « Je suis venu à Grenoble car c’est une ville réputée pour l’accueil des personnes aveugles », confie-t-il.


Le pari se révèle gagnant et c’est loin de Paris que Manuel Faouen commence sa carrière professionnelle. S’engage alors pour le jeune homme une suite infernale d’emplois de courte durée qui l’emmènent dans de nombreuses villes de l’hexagone : à Poitiers, où il travaille comme guide dans une attraction qui propose une visite sensorielle dans le noir, à Rennes, où il devient étiopathe, et même à Saintes où il suit une formation de comportementaliste canin.


« Je n’ai pas eu de situation stable. Je suis certain que c’est lié à mon handicap », déplore-t-il. Un handicap qui ne l’empêche pas pour autant de vivre une vie de famille normale : « Avec Amélie (sa compagne et secrétaire de l’association DVRGV) on est organisé. Je fais à manger et elle, le ménage. J’emmène aussi ses enfants à l’école. Je peux skier avec un guide et faire du kayak », explique-t-il.


Fasciné par la mer, la voile et passionné de trains, la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Mais Manuel peut compter sur sa compagne dans les moments difficiles pour se remettre sur les bons rails.

Des reportages réalisés dans plusieurs villes


Fondée par quatre personnes non-voyantes en novembre 2014, l’association compte aujourd’hui cinq membres. DVRGV propose des reportages sonores et des photos accompagnées de sons. Le siège se trouve à Saint­Marcellin et c’est une partie du garage de Manuel Faouen qui fait office de club-house. Un ancrage local, même si le rayonnement de DVRGV dépasse largement les terres iséroises.


Benoît Olivier,, est Parisien et réalise des reportages qu’il soumet ensuite aux autres par le biais de Skype. De la même façon, Virgile Jouvenet, également fondateur, réalise des reportages à Lyon. À l’image de Manuel Faouen, l’association voyage de villes en villes.

« Quand j’étais petit, j’enregistrais déjà tout avec mon dictaphone »


« Sans parler de septième sens, j’ai cette faculté à comprendre les sensibilités. Le regard trahit le jugement, je n’ai pas ce problème. »


Manuel Faouen, cofondateur de l’association Découvrez la vie grâce au virtuel (DVRGV), utilise ses autres sens pour se forger sa vision du monde: « 90%des informations passent par le visuel. Quand on est aveugle, on prête une grande attention aux autres sens. Quand j’étais petit, j’enregistrais tout ce qui se passait chez moi avec mon dictaphone », explique-t-il.

Grâce à DVRGV, association fondée en 2014, il peut vivre pleinement sa passion : « Lundi dernier, j’étais à Saint-Antoine-l’Abbaye pour faire un reportage sur l’orgue », se réjouit-il.

Après chaque reportage, les membres compilent leurs sons pour arriver à environ 25 minutes d’enregistrement. Puis, tout est envoyé aux autres membres de l’association qui font un retour à l’auteur du montage avant de poster le reportage sur le site de DVRGV. « C’est aussi et surtout un échange sur nos techniques de prise de son, de montage. On partage nos compétences », déclare Manuel Faouen. L’objectif de ces reportages est de mettre en lumière un organisme, un métier ou une passion et d’en expliquer les fonctionnements.<

« On veut des gens qui s’investissent »


L’année dernière, l’association comptait dix membres. Aujourd’hui, ils ne sont plus que cinq mais tous sont extrêmement actifs. « Notre association est ouverte à tous. Mais il ne suffit pas de payer la cotisation. On veut des
gens qui s’investissent et qui proposent des idées de reportages », précise Manuel Faouen. Le cofondateur aimerait aller à la rencontre d’employés et leur proposer un “voyage” détente par le biais du son pendant les pauses. Cette opération pourrait aussi, selon Manuel Faouen, être proposée dans les maisons de retraites.


À terme, DVRGV aimerait créer une web­radio pour faire entendre les reportages réalisés et relayer des informations locales. Mais le budget manque car l’association ne dispose que de peu de subventions pour l’instant. Pas de quoi entamer la motivation de Manuel Faouen.

Ecrit par Jonathan NENICH pour l’édition du Dauphiné Libéré, le 14 Août 2016


Pour télécharger la page 11 de l’édition du 14 Août 2016 du Dauphiné Libéré cliquez ici !

Le Diapason, les yeux bandés

Les participants déambulent, bandeau sur les yeux, dans les allées de la salle de spectacle du Diapason à Saint-Marcellin

Comment  se  déplacer dans la salle de spectacles le Diapason lorsque
l’on  est  aveugle  ou  mal-voyant ?  Comment  appréhender un lieu sans la capacité  de  voir ?  Manuel  Faouen, créateur de
l’association  DVRGV,  acronyme de “Découvrez la vie
réelle grâce au virtuel”, est lui-même  atteint  de  cécité.


À l’occasion d’une visite d’un genre particulier, mercredi, le responsable a voulu montrer à une quinzaine de  participants  l’envers  du décor d’une salle de spectacles  pour  les  personnes  en situation  de  handicap  visuel.


Présents pour cette visite, les  membres  des  associations  qui  participeront  à
l’organisation  du  OFF  du festival Barbara dont l’inauguration  a  lieu  le  18  mai.
Après  un  mot  d’introduction,  les  a  immédiatement
mis en situation. «Pour une personne  aveugle,  la  difficulté majeure de cette salle,
c’est  la  grandeur  des  lieux et les escaliers.» Pour  mieux  s’en  rendre compte,  par  groupe  de deux, les personnes se sont tour à tour bandées les yeux et  ont  suivi  les  instructions de leur binôme pour se déplacer.  Un  exercice  parfois
périlleux, car avec ses marches irrégulières, la salle recèle  d’obstacles  pour  une
personne  non-­voyante.  Le créateur de l’association en profitait  pour  expliquer également  l’importance  du “guide”  dans  ce  genre  de situation. «Des  gens  font parfois  des  choses  “rigolotes”  quand  ils  essaient  de vous aider pour traverser la rue. Certains vous tirent par la  canne,  par  exemple… Déjà  ce  n’est  pas  très  confortable et c’est surtout dangereux», expliquait-il, avec
le sourire.


Manu Fondateur et Amélie Secrétaire expliquent les techniques de guidage d'une personne aveugle dans la salle de spectacle du Diapason à Saint-Marcellin

«C’est comme quand vous lisez un livre, 
vous vous créez vos propres images»


L’exercice  mis  en  pratique, Manuel  Faouen  a  ensuite fait découvrir aux membres des associations l’un des types de réalisations de DVRGV. Un petit avant­goût du
travail,  commandé  par  la Ville,  qu’il  réalisera  dans quelques jours, lors du festival Barbara. Avec son équipe,  Manuel  Faouen  recueille des sons, les monte, et en crée une “carte postale sonore”. Une manière de retranscrire des scènes qu’il ne  peut  pas  voir. «Comme si  l’on  regardait  une  photo mais  à  écouter», résumaitil. Dans le noir du Diapason, les auditeurs ont alors écouté la carte postale sonore du
spectacle “Namaskar” enregistré  le  28  février.  On  y
perçoit  tout  d’abord  l’ambiance de préparation technique du spectacle, l’arrivée
des enfants dans la salle, les rires des plus jeunes devant
le  théâtre  d’ombres  chinoises… «C’est  certainement
plus simple de vous montrer des  images  mais  l’idée  est
de faire travailler l’imagination. C’est  comme  quand 
vous  lisez  un  livre,  vous vous créez vos propres images.» Une  expérience « étrange »  pour  certains participants,  invités  à débriefer  l’expérience.  L’un
d’entre eux concluait finalement : «En fait, on n’a plus
nos yeux pour nous polluer les oreilles.»

DVRGV veut créer sa webradio locale

Manuel  Faouen  est  un passionné  de  sons. Originaire de Normandie, il  a  posé  ses  valises  à Saint­Marcellin  depuis quelque temps déjà. Il y a créé l’association DVRGV “Découvrez  la  vie  réelle grâce au virtuel” avec un
objectif, « être actif » malgré  son  handicap  visuel. «C’est  très  difficile  de
trouver  du  travail  quand on est handicapé.»

« Un média social d’échanges »

Le travail autour des cartes  postales  sonores  (lire par  ailleurs)  mis  à  part, l’association  a  un  gros projet en attente de finalisation.  L’équipe  veut  en effet lancer sa propre webradio  locale.  «Ce  serait un  média  local  d’échanges,  avec  une  mise  en avant de nos productions, des reportages, des émissions  en  direct  pour  approcher  les  gens»,  résume-t-il.


Mais  pour  cela,  le  passionné a besoin d’une aide financière. Car,  alors  que le  projet  était  déjà  bien lancé  –  notamment  avec l’achat d’un caisson d’enregistrement  de  6  m²  – l’association n’a pas obtenu  les  subventions  espérées.  Les  membres  ont donc décidé de lancer un financement  participatif pour finaliser le projet.


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Article écrit et photos prises par Marine Langevin, journaliste au Dauphiné Libéré